Au RSA depuis 2 ans, il pensait que sa césure en Australie l’aiderait à trouver du travail

 

Nombre d’étudiants d’école de commerce choisissent chaque année durant leur césure de faire un break en terre « hostile » afin d’enrichir un peu plus leur CV, un peu comme si l’on donnait un dictionnaire à Nabilla. Reportage.

Contexte

Nicolas, 27 ans est un diplômé classique d’une célèbre école de commerce de la région Rhône-Alpes. Après 1 an de Paces et 3 ans de Licence de bio (dont 2 années de L1), il intègre cette « Grande Ecole » via les admissions parallèles et entre au BDE suite à une cooptation digne des épreuves de la JE. Il participe naturellement à tous les évènements de son école, même les plus coûteux, grâce à son prêt étudiant. Il fait acte de présence à environ la moitié de ses cours (jamais le matin) et prépare avec sérieux la veille de chaque partiel son foie en soirée SAT. Cette motivation sans faille et ce présentéisme exceptionnel lui permet de finir dans les meilleurs de sa promo (avec les félicitations du jury). Cette place lui permet de choisir une Université Partenaire à Sydney.

Un dépaysement total

Après de multiples galères de Visa, il arrive enfin au pays des kangourou. Ayant un anglais très approximatif (niveau collège / école de commerce), il décide de se lier d’amitié avec les autres étudiants français de toutes les écoles du Top 20 ayant la même université partenaire. Le décalage horaire le bouleverse tellement qu’il en oublie d’aller en cours. Il passe alors ses 6 mois de cursus entre roadtrip, soirée Chill sur la plage et squattage de rooftop en tout genre. Son compte Instagram se remplit à l’inverse de son compte en banque. Il décide même de prolonger son séjour en Australie de quelques mois en trouvant un travail à hauteur de son école de management, en vendant des beignets sur la plage.

L’après césure, « c’était mieux là-bas »

Le retour à la réalité est brutal. Il n’a pas validé ses crédits ECTS. Il arrive tout de même à négocier avec l’administration (il a mérité son 17 en négociation) pour passer outre ce faux-pas en mettant en avant l’organisation très réussie de la dernière soirée SAT « Rodéo sur Juliette » et son emploi de « manager » à l’international. Il emmerde ses camarades à longueur de journée en ventant les avantages de l’Australie et en dégainant son profil Instagram à chaque soirée. Après avoir terminé son Master 2 (option « je n’ai pas eu les cours que je voulais ») et rédigé son mémoire sur « le manager de demain sera sans cerveau l’IA », il tente d’utiliser son réseau professionnel afin de trouver son stage de fin d’étude. Après 6 mois de « recherche intensive » et faute de résultat, il part finalement en stage « community management » dans l’entreprise de fabrication de carton de son oncle.

Diplômé du Top 10, salaire à la sortie : 550,93 euros

Suite à ce stage « Grasse mat & Fortnite », il se lance très rapidement en recherche d’un premier emploi. Pensant trouver rapidement quelque chose avec son « impressionnant » CV embelli par son expérience australienne, il s’installe confortablement dans un bel appartement de la région.

Il postule dans les plus grands groupes mais ne voyant pas de réponses positives il se dit que son expérience attirera les PME ou start-up qui auront « sa vision moderne des choses ». Durant 1 an il va d’échec en échec et n’obtient que très peu d’entretiens si bien qu’il décide de retourner à la ferme familiale. Ses parents l’aident à rembourser ses prêts étudiants et il parvient à toucher dès ses 25 ans le RSA. 550,93 € par mois logé et nourri chez ses parents, il se satisfait grandement de cette vie. Il n’attendait rien de son diplôme, et ses années en école l’ont bien amusé. Il économise désormais dans l’optique de retourner au plus vite vivre « la vie, la vraie » en Australie en espérant ouvrir une ferme là-bas.

 

Eduardo de la night

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