La RSE en école de commerce : bullshit ou une vraie avancée ?

  On le sait bien, dans notre société ou chaque action de l’entreprise est prise en compte et constitue son image de marque, avoir des valeurs éthiques semble fondamental. C’est pour cela que les écoles de commerce s’affairent toutes à mettre en place des programmes « RSE » qui visent à inciter leurs étudiants à entreprendre dans le respect des autres et de l’environnement.
    Cela dit, on est toujours en droit de s’inquiéter des motivations et sur la mise en place de ces programmes : Est-il possible que la réalité de l’application de ces valeurs « éthiques » ne soit pas à la hauteur des jolies promesses que l’on aurait faites ?

I – Petit tableau de la RSE en écoles : quelles actions sont mises en place, et comment ? (non-exhaustif bien sûr, on est pas des machines oh)

    Tout part d’une prise de conscience soudaine des enjeux environnementaux, et du fait qu’en école de commerce, on a vite fait de former des gens avec une conscience éthique relativement limitée, et ça, c’est pas bon pour les affaires… En effet le terrible raccourci « étudiant d’école de commerce = super requin sans vergogne » a tendance à nuire à la réputation des écoles et de leurs étudiants.
    C’est donc tout sourire et plein de bonnes intentions que les dirigeant de la BS Nation ont créé ces programmes en les qualifiant de « modernes et indispensables aux managers de demain ». En soi c’est pas faux, mais il faut aussi voir en quoi ça consiste, avec des petits exemples :

– Création des postes ô combien prisés de Responsables Ethiques en asso (avec en bonus la petite bagnole électrique à Kedge Marseille)
– Cours de « RSE » pour les étudiants, à priori obligatoires un peu partout, pour sensibiliser et montrer que c’est pas incompatible avec une boite qui marche.
– Grosse pression des administrations pour limiter les dérapages avec les évènements ou assos traditionnels (WEI, PPT, SAT, …), RIP Captain Jack.
– Petites actions comme la création de plans de tri sélectif, la promotion des actions éthiques, des aides aux projets présentant des caractériels dignes des saintes normes, etc… Jusque là tout va bien.

II – Et finalement quelles sont les conséquences de ces actions, c’est bullshit ou ça va ?

Alors, au bout du compte, est ce que cette politique a le résultat escompté ? Pour être tout à fait honnête, c’est mi-figue, mi-raisin, mimolette : les efforts sont louables et en effet ça fait un super effet sur la plaquette de l’école d’avoir un beau label « RSE » mais dans la pratique, certains trucs font un poil bullshit, voire fake.
Le témoignage d’une étudiante de KEDGE (qu’on appellera Jacques) nous raconte que malgré de gros efforts de sa part avec d’autres étudiants de mettre en place un projet RSE, l’administration lui a un peu mis des bâtons dans les roues, malgré le super « pionnier de la RSE » sur la plaquette de l’école. De même pour le gaspillage alimentaire, et le super consumérisme énergétique qui n’a visiblement pas changé tant que ça dans son école.
A l’inverse certains éléments sont en voie d’amélioration, comme certaines mentalités, et surtout le discours de beaucoup de professeurs : il sera bien rare de tomber sur un cours qui fera l’apologie unilatérale de la « rentabilité à tout prix ». Même dans un cours de création de Start Up, qui pourrait être le repère de ceux pour qui la rentabilité rapide est vitale, on arrive à aborder des notions éthiques et sociales.

Si on se la joue Tripadvisor de la RSE, disons qu’aujourd’hui les écoles sont un peu au coude à coude pour savoir qui sera le plus responsable, youpi, mais va falloir appliquer correctement les grandes promesses. En moyenne disons un petit 10/20 : ça passe à l’indulgence mais va falloir maintenir les efforts et pas limiter l’action à une slide avec des arbres sur le PPT de présentation de l’école.

III – Et à l’avenir comment ça pourrait se passer ?

   Eh bien vu l’urgence sociale et écologique, qui à priori sont des enjeux globaux qui ont le vent en poupe, les écoles vont très probablement rester sur ce chemin de l’éthique et chercher à capter les étudiants qui sont ok pour approfondir dans ce domaine.
   Du coup pour les étudiants ça risque de se corser un peu au niveau de l’administration qui va vouloir limiter tout ce qui ne va pas dans ce sens-là (SAT, WEI, et autres journaux satiriques hyper drôles). Il va falloir édulcorer sa communication et aseptiser tout ce qu’on raconte, comme si on était sur TF1. Même les profs sont concernés : finies les petites blagues drôles sur les arabes ou les filles à la vaisselle, (ref : Le Brio) il va falloir être un brave neutre comme tout le monde, dsl.
    Finalement, les écoles de commerce ont une vraie responsabilité car elles forment des éléments qui seront amenés à manager et à entreprendre dans le futur. C’est pour cela qu’il leur est nécessaire de faire au moins bonne figure en suivant le minimum syndical des principes éthiques. Après on peut se demander ce que ça va donner de former des étudiants avec ces méthodes de « on veut rien voir qui dépasse », mais bon ça va devenir trop polémique les diverses administrations pourraient faire tomber la famosa épée de Damoclès.

Allez, arrêtez de jeter vos clopes par terre et de penser que si les pauvres sont pauvres c’est la faute aux arabes, ça sera déjà pas mal.

Perlembourg

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