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Être de droite en école de commerce

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L’opinion publique est claire, une école de commerce est censée être fondamentalement de droite. En effet, selon 89% des étudiants de faculté (majoritairement des hippies qui promènent leur chien devant un Biocoop), un étudiant d’école de commerce est FORCÉMENT à droite de toute son âme. Les 11% restants n’ont pas compris la question.

Ainsi, cet article t’est dédié, à toi, jeune gaulliste dynamique et ambitieux, qui vendrait ta mère contre une action de chez Tesla. Le Captain va donc t’emmener au sein du monde merveilleux des écoles de commerce. Nous suivrons ici les aventures de François, 20 ans, encore déçu de la défaite de F. FILLON aux élections.

Jour 1 : La découverte : espérances et déceptions.

Stan Smith, check. Rolex flambant neuve, check. Audi achetée par papa, check. Le jeune François est fin prêt à rentrer dans son école de commerce. En effet, après avoir défendu la finance contre les arguments de ces ignares de gauchistes tout l’été, il espère pouvoir trouver un monde civilisé où il sera enfin compris. Après quelques conversations, futiles pour la plupart, il rencontre un congénère de droite avec lequel il discute de ses futurs placements en bourse. Il se sent bien.
Soudain, un étudiant dans un vulgaire polo d’association l’appréhende d’un vif « Et toi alors tu veux quoi comme asso ? Ça te dirait d’aider les somaliens ? ». François pense d’abord que c’est une blague, mais il efface vite son sourire quand il comprend que l’autre est sérieux : Catastrophe ! Même cette école (pourtant privée et chère) s’était faite infiltrer par les gauchos.

Jour 30 : Prise d’assurance et adaptation.

François, ou Francesco comme l’appellent ses camarades, commence à connaître les rouages de l’école et a délaissé ses rêves utopiques d’un lieu dédié à l’art de l’investissement où l’on s’accorde sur le fait que « Les pauvres, c’est dommage mais bon … ». Soudain, il tombe sur une affiche parlant d’un certain « Club de finance ». Il sent tout de suite que telle est sa place, et après quelques vérifications, il savait qu’il devait y adhérer. L’espoir renaissait donc.

Jour 100 : La radicalisation.

Admis dans son club d’investisseurs amateurs (mais passionnés), François se sent comme un poisson dans l’eau : il se voit déjà dans un SUV à 35k€, fenêtre et chemise ouvertes en train d’assurer une confcall depuis les states. Il voit aussi, et non sans un certain mépris, les autres étudiants se livrer à de futiles activités (listes, OB, humanitaire …), et il se répète intérieurement sa phrase clé : « C’est pas ça qui va aider votre CV, bande de cons, la finance c’est le nerf de la guerre ».

Jour 250 : La descente aux enfers.

Rien ne va plus : le club de finance s’est fait infiltrer par la gauche qui vient d’y créer un pôle éthique (quelle connerie), et les professeurs lui délivrent un cours plus que modéré, pour ne pas dire clairement communiste. Sans rire, un cours de développement durable, ça sort d’où ça ?
François ne se reconnait plus dans les valeurs de son école, et il pense sérieusement à faire la formation pour devenir expert-comptable une bonne fois pour toutes.

Année 2 : La perte des convictions.

François rentre d’une soirée boîte dans un Uber crasseux en portant un t-shirt d’asso souillé au plus profond de sa fibre et des chaussures Décathlon à 5€. Il a passé une super soirée à partager des verres gratuits avec n’importe qui et à danser sur des musiques populaires comme Diam’s – La Boulette. Où sont donc passées ses bonnes vieilles valeurs ? Personne ne le sait, et il semble que les rêves de lounge-champagne de notre pauvre protagoniste se sont évanouis, remplacés par une sorte d’identité commune à tous les étudiants de l’école.
« Hé franss, on se fait un barbeuc-bières ?
– Yes, je te fais un Lydia ».

C’est donc ainsi que s’est évanouie la personnalité tout à fait financière de notre bon François, qui à son envie de rouler sur les clodos, préfère aujourd’hui une bonne Kro tiède en famille.

Epilogue : Fin de la scolarité, et résurrection du phénix.

Enfin, il est temps de laisser cette bonne vieille école derrière lui, son C.V a une allure exceptionnelle, et le marché du travail l’appelle. François découvre alors le monde tel un papillon qui sortirait de son cocon : entreprises d’audit, fonds d’investissements, pétrole…
10 ans après, notre bon François allait acheter un break familial d’occasion pour stocker ses enfants, en évitant bien les modèles trop polluants (taxe carbone oblige). Il continue à regarder les cours de la bourse en rêvant, et à grommeler un « bande de cons… » lorsqu’il aperçoit de jeunes marxistes à la télé.

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