Interview avec Thomas Froehlicher

Captain Jack a rencontré le directeur général de Kedge BS, Thomas Froehlicher. L’occasion pour lui de répondre à toutes nos questions, des plus sérieuses aux moins pertinentes mais tout aussi bouillantes. Kedger c’est pour toi et en exclusivité !

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CJ : Bonjour Monsieur Froehlicher, nous allons commencer par un retour sur les tragiques événements du Vendredi 13 Novembre. Selon vous, comment une école de commerce doit-elle gérer une situation post attentats et quel est son rôle auprès des étudiants de la communauté Kedge ?

TF : Je dois vous avouer que je préparais le gala des almni à Bordeaux et que je discutais du bonheur au travail quand j’ai appris la terrible nouvelle. D’abord, je suis resté calme et j’ai tenté de comprendre comment ça s’était passé. Il faut faire attention à tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Ensuite, j’ai mis en place une gestion de crise pour savoir si quelqu’un avait été touché et pour prendre des mesures rapides sur la fermeture ou non de tous les campus français de Kedge le lendemain notamment. Les premières décisions ont été des tous les ouvrir, sauf celui de Paris évidemment, en instaurant des consignes de sécurité puis de maintenir le gala. Dans un troisième temps, nous avons mis beaucoup de choses en place afin de rassurer, d’une part les familles des exchanges car ils vont régulièrement sur Paris et, d’autre part, nos partenaires. Un de nos diplômés a malheureusement perdu la vie ce soir-là. Suite à cela, une minute de silence a été respectée dès le Lundi midi par toute la communauté de Kedge. Maintenant je pense qu’il est important que tous ceux qui souhaitent en parler puissent le faire, je salue d’ailleurs la réactivité d’une association comme Clepsydre qui a permis aux étudiants de débattre. Je tiens à rappeler que nous ne sommes pas en guerre mais bien face à une menace terroriste et qu’il convient de ne pas tomber dans l’amalgame ou dans toutes récupérations. Ces enjeux doivent faire partie du background de nos étudiants. Ainsi, on a le devoir d’inciter nos étudiants à en parler, on doit faire en sorte que les professeurs leurs ouvrent grands les yeux sur ces sujets, cependant, de là à prendre position au nom de Kedge, c’est plus complexe.

CJ : Recentrons nous sur l’école maintenant. Quel regard portez-vous sur cette nouvelle année et sur les actuelles promos de Kedge ?

TF : C’est une année qui commence sur les chapeaux de roues car nous avons eu le nombre et la qualité d’étudiants que l’on attendait. L’équilibre entre les campus est mieux respecté et ce, grâce à une période admissible réussie. À titre personnel, je connais mieux Kedge après une année passée ici et je suis donc plus dans l’action. Nous construisons l’identité de Kedge et nous avons dépassé le stade de période post-fusion, c’est une bonne chose.

CJ : Vous annonciez l’année dernière « qu’ici tout est cloisonné ». Aujourd’hui, quel type de relation entretenez-vous avec les étudiants ?

TF : C’est un vrai sujet. Pour moi, il y a trois groupes : les étudiants, les professeurs et l’administration qui se croisent tous les jours sans vraiment se connaître pour autant. J’essaye personnellement d’être plus présent lors d’assemblées générales car j’aime être en contact avec ceux qui veulent dialoguer mais mon agenda se fait actuellement à deux mois. Comme lors du KSWE, j’écoute leurs questions et, même si je ne suis pas toujours en mesure d’y répondre, je connais au moins leurs préoccupations et leurs problèmes. Je peux ensuite les prendre en compte pour changer certaines choses.

CJ : Pouvez-vous me donner les atouts de Kedge par rapport aux autres grandes écoles de commerce ?

TF : Écoutez, nous sommes avant tout une école d’entrepreneurs créatifs, c’est incroyable le nombre de diplômés qui créent une boite innovante à leur sortie. On ne voit que la taille et le poids de la marque « Kedge » dans le monde des Business School mais je tiens à mettre en avant ce point. Ensuite, nous sommes beaucoup portés sur l’international avec des campus à l’étranger, bientôt un campus dans les Amériques et nous allons annoncer prochainement des partenariats avec d’importantes Business School. Enfin, Kedge c’est un fort corps professoral dont la moitié est étranger. J’ai de bons retours sur la qualité de notre enseignement même s’il y a toujours quelques critiques. Cependant, plus de cours devraient être dans une langue étrangère, c’est une information qu’on m’a encore remontée au KSWE.

CJ : Deuxième partie, plus « Captain Jack », beaucoup de personnes s’étonnent de votre activité importante sur les réseaux sociaux, est-ce compatible avec l’image d’un DG ?

TF : C’est un contact que j’aime bien, je communique avec beaucoup d’étudiants et d’alumni notamment. Ce sont des superbes outils de veille et de partage d’informations, je fais d’ailleurs souvent la promotion de Kedge et j’aimerais que Kedge partage plus les projets associatifs de ses étudiants. Toutefois, il m’arrive de poster des choses moins pertinentes car mes enfants me le demandent ou lorsqu’il est tard et que je suis fatigué… (cf Testicle-Shaped Bike Light)

CJ : On nous a beaucoup vendu, pour la rentrée, l’agrandissement du campus, l’ouverture des salles de sport, de la cafétéria, du hub, … Où en sommes-nous ?

TF : On a eu quelques semaines de retard à cause d’un souci qui a ralenti la suite des travaux. L’inauguration du hub, du studio, des salles de sport et de la cafétéria se fera courant Janvier. Pour ce qui est du terrain de sport, il sera livré plus tard *joker*. Mais on respecte assez bien les délais. D’autre part, il y aura aussi un investissement de l’ordre de 24 à 27 millions d’euros de Kedge pour réorganiser le campus de Luminy avec une entrée qui sera en bas, vers le rond-point. La livraison des bâtiments est prévue pour 2018.

CJ : Les frais de scolarité des écoles de commerce ont fait les gros titres début Septembre avec une augmentation de 20% par Kedge en deux ans, comment l’expliquez-vous ?

TF : Cela m’a d’ailleurs énervé. L’information est venue d’un étudiant qui a été évidemment repris par les médias. Pour comprendre, il faut rappeler qu’un étudiant international, comme vous l’êtes, coûte environ 14 000 euros et qu’on est dans un pays où l’État a décidé que l’un de ses meilleurs enseignements, celui délivré par les Business School, n’aurait plus 1 centime. Dans le même temps, nos partenaires depuis plus de 140 ans, les Chambres de Commerce, ne peuvent plus nous subventionner. Kedge a eu la lucidité d’anticiper ces événements et, en 2013, elle a choisi de changer de stratégie pour s’autofinancer. Évidemment les frais de scolarité ont dû augmenter mais je tiens à dire que pas 1 euro ne part ailleurs que dans l’école (pas de dividendes, …). En parallèle, des initiatives se développent, les bourses ou encore le CAP (lorsque l’école se porte caution pour les étudiants auprès des banques) sont proposés aux étudiants.

CJ : On en parlait l’année dernière, les fameuses tablettes promises par l’ancien DG sont-elles toujours à l’ordre du jour ?

TF : Olala, oui les tablettes… C’était l’engagement de mon prédécesseur et encore une fois si vous voulez son nom, son adresse, je vous les communique. Mais je ne pense pas que vous me seriez plus reconnaissant en ayant des tablettes et, à vrai dire, si je dois investir sur quelques choses, je ne pense pas que ce soit là-dedans.

Antoine Klein

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