L’interview décalée de Bernard Belletante (en intégralité)

belletante

Captain Jack : Pourquoi tant d’écrans à Kedge BS ? Est-ce un complot des Illuminatis ?

Bernard Belletante : Illuminatis ou non, c’est un complot. Nous avons signé un contrat très intéressant avec nos fournisseurs (Samsung et Toshiba): Chaque écran acheté nous rapporte deux jours de vacances aux Seychelles (rires) ! Plus sérieusement, il est regrettable que nos toilettes ne soient pas encore équipées d’écrans tactiles. Un tel aménagement pose des problèmes techniques pour l’heure insolubles. Nos équipes de techniciens travaillent activement à l’élaboration d’un nouveau prototype.

Captain Jack : Combien y a-t-il d’écrans à Kedge ?

Bernard Belletante : Personne ne le sait, et on ne le saura probablement jamais. Un écran est installé toutes les quatre secondes, il faudrait arrêter le temps pour être en mesure de les dénombrer avec précision.

Captain Jack : Pouvez-vous nous fournir une explication concernant le plafond dancefloor du couloir des assos ?

Bernard Belletante : Il n’y a pas que celui-là, toutes les salles A200 sont désormais équipées de dalles lumineuses au plafond. Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir danser en boîte jusqu’au bout de la nuit. Ces lumières permettent d’apporter un peu de fête, un peu de vie au sein de l’établissement. Ça me donne un peu de baume au cœur lorsque je sors tard du bureau (rires) !

Captain Jack : Certains affirment que vos toilettes sont en or massif, ineptie ou vérité scientifique ?

Bernard Belletante : Vérité absolue, j’ai besoin d’or quand je tweet (rires) ! Il ne manque plus que les écrans.

Captain Jack : Ce n’est pas sans une certaine nostalgie que certains étudiants évoquent « le temps de la bière au foyer ». Un message à leur adresser ?

Bernard Belletante : Première chose, les études que nous effectuons avec Wellness montrent un sérieux problème d’addiction à l’alcool chez les jeunes. On ne rigole pas avec la santé, c’est un point sur lequel je suis et serai toujours intransigeant. Deuxième chose, la bière au Foyer entrainait des dérives incontrôlables. J’ai toujours entretenu de bonnes relations avec les différents présidents du Foyer, mais force est de constater qu’ils ne pouvaient pas maîtriser les étudiants extérieurs. Nous étions obligés de changer les toilettes du Foyer toutes les deux semaines, c’était insensé. Sachez que la bière n’est pas « bannie » de ma philosophie de la vie, j’allais moi-même prendre une bière au Foyer de temps à autres.

Captain Jack : Savez-vous combien coûte un menu étudiant à la Sodexo ? Avouez qu’il serait regrettable de subir le même sort que Nathalie Kosciusko-Morizet…

Bernard Belletante : Beaucoup trop cher… Je ne connais pas le prix exact, j’aurais pu chercher mais je préfère jouer l’honnêteté avec vous. Nous demandons à la Sodexo de proposer un menu équilibré autour de 5 euros. De moins en moins d’étudiants y déjeunent, c’est la raison pour laquelle ils resserrent les coûts.

Captain Jack : Quelle fut votre plus grande honte en tant que DG d’Euromed ?

Bernard Belletante : Ma plus grande honte ? Lorsque le hub a été saccagé il y a deux ans. Je n’étais pas fier, croyez le bien. C’est l’évènement qui a arrêté définitivement toute possibilité de négociation avec le Foyer. On peut tout se permettre, on peut rire de tout, mais le jour où je suis allé voir le hub, ce n’était pas de la colère mais de la déception.

Captain Jack : Après les fatboys, les écrans, les lumières « dancefloor », quelle sera (à votre humble avis) la prochaine lubie de Kedge Business School ?

Bernard Belletante : Les robots, assurément ! Dans un futur proche, les écrans Samsung seront progressivement remplacés par des robots dernier-cris, c’est une certitude.

Captain Jack : Monsieur Belletante, les yeux dans les yeux, avez-vous un compte en suisse ?

Bernard Belletante : Non… J’en ai huit !

Captain Jack : Pourquoi avoir choisi cette « sculpture d’ampoules » qui trône fièrement au beau milieu du hall A ?

Bernard Belletante : Je me défausse totalement, je n’ai pas choisi (rires) ! L’histoire est assez conne en réalité. Nous avions demandé à l’école de Toulon de matérialiser les concepts de RSE et de développement durable, l’idée était lumineuse, c’est certain… Lorsque nous avons découvert le résultat, il était trop tard pour faire marche arrière, nous nous étions engagés. Les étudiants toulonnais sont venus pour l’inauguration, Unis-Terre avait même fait de cette œuvre un véritable symbole, c’était ahurissant ! Quoiqu’il en soit, estimons-nous heureux d’avoir évité « l’étron lumineux » (rires) !

Captain Jack : A quel âge avez-vous eu votre première Rolex ?

Bernard Belletante : N’en déplaise à Monsieur Séguéla, je n’ai jamais eu de Rolex ! On peut dire que j’ai raté ma vie… je me console avec ma Fossil (rire).

Captain Jack : A la veille de votre départ, de quelle association êtes-vous le plus fier ?

Bernard Belletante : De celle qui sera créée demain… mais je préfère vous épargner cette formulation bien abstraite (rire) ! Difficile d’en choisir une à vrai dire. Kedge a la chance d’avoir des associations très solides, différentes formes d’intelligence peuvent s’exprimer librement… J’aurais toujours une affection particulière pour Unis-Terre et Diambars.

Captain Jack : Qu’il s’agisse de vos costumes, de vos cravates ou de vos chemises, vous êtes un inconditionnel des rayures. Une explication rationnelle ?

Bernard Belletante : Je suis un zèbre (rires) ! J’aime que les gens se demandent si je suis blanc à rayures noires ou noir à rayures blanches. Comme Obélix, j’estime que les rayures verticales amincissent et affinent ma silhouette, et comme lui j’aime la cervoise et les sangliers (clin d’œil au Foyer et à Kedge) !

Captain Jack : Avez-vous une anecdote particulièrement éloquente sur Kedge BS ?

Bernard Belletante : Kedge Business School a bien failli s’appeler « Octans ». Pour la petite histoire, il s’agit du nom d’une constellation lointaine, nous explorions alors la thématique du voyage, de l’inconnu. Les jeux étaient faits, Octans faisait l’unanimité au sein de la gouvernance, mais monsieur McLaughin et moi-même n’étions pas très à l’aise avec ce nouveau nom… nous avons donc abattu notre dernière carte en organisant un vote : 50 marseillais et 50 bordelais ont donc été réunis pour trancher, Kedge l’a emporté.

Captain Jack : Priverez-vous les étudiants lyonnais de week-end d’intégration, comme vous l’avez fait pour les Kedgers ?

Bernard Belletante : S’il y a bien une chose qui m’emmerde dans la vie, ce sont les traditions. On se complaît dans la fainéantise intellectuelle la plus totale sans rien imaginer de nouveau, sans innover. Le « rituel » d’intégration en tant que concept est à la fois nécessaire et fantastique, mais doit-on continuer à le faire comme il y a 20 ans ? Beaucoup de choses ont changé, les écoles de commerce ont énormément évolué, n’y a-t-il rien d’autre à imaginer ?

Captain Jack : Payerez-vous 500 euros pour avoir séché le fonda « Fusion » Septembre 2013- Juin 2014 ?

Bernard Belletante : Je payerai 500 euros pour réécouter le cours ! Je ne m’en lasse pas.

Captain Jack : Avez-vous une passion inavouée, un secret bien enfoui à nous dévoiler ?

Bernard Belletante : Je suis un lecteur assidu des Bidochons et de Reiser le gros dégueulasse. Je relis de temps à autre certaines BD de Sœur Marie-Thérèse des Batignolles pour me détendre… De l’humour discret et distingué, ça ne fait pas de mal (rires) !

 Captain Jack : Vous avez été accepté incroyablement vite comme nouveau DG de l’EM Lyon pour quelqu’un qui n’envisageait pas encore ce projet il y a moins d’un mois. Quel est votre secret ? Les sessions Be-U ?

Bernard Belletante : Il y a une méthode de travail que je conseille : l’entretien du réseau. Pour être honnête, l’EM Lyon m’avait déjà proposé le poste il y a deux ans. J’avais refusé l’offre car je souhaitais me consacrer entièrement au projet de fusion. C’est chose faite à présent, Kedge BS est sur de bons rails ! A cela s’ajoute une dimension personnelle, devais-je finir ma carrière à Kedge ou lever l’ancre vers de nouveaux horizons ? Vous connaissez la réponse désormais. Pour l’anecdote, j’ai reçu six offres d’emplois le jour où j’ai déposé ma démission.

Captain Jack : Après la hausse des frais de scolarité, c’est au tour des prix du distributeur de s’envoler (canettes, sandwichs…), jusqu’où ira cette drôle de mascarade ?

Bernard Belletante : Vous ne pouvez même pas imaginer ! Nous travaillons actuellement sur un uniforme obligatoire assorti d’un système de « médailles » bien rôdé : Après avoir acheté leur uniforme au prix fort, les kedgers pourront arborer fièrement les médailles des cours qu’ils auront validés sur le côté droit, et les médailles des cours ratés sur le côté gauche (payables en 100 fois, naturellement).

Rémi Jallageas

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2 Commentaires

  1. Anonyme dit :

    C’est à prendre à quel degré quand il dit qu’il dépense tout notre argent dans des gadgets ? Il n’a pas l’air très sérieux dans cette interview.

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  2. Il s’agit d’une interview « décalée », Monsieur Belletante a souhaité répondre à nos questions avec humour, bien entendu !

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