Le discours de Bernard Belletante, jeudi 30 janvier

Pour ceux qui n’ont pas pu y assister, voici les grandes lignes de l’intervention du directeur général de Kedge ce midi en amphi A.

Très attendu, B. Belletante est intervenu accompagné du président du conseil d’administration, comme pour souligner une décision conjointement prise par les principaux acteurs de la direction.

L’information tombe sans détour : M. Belletante quittera ses fonctions le 31 Mars 2014, soit 6 mois après la fusion BEM – Euromed. Le président du conseil dans son discours d’introduction assure que le DG « n’a pas été mis à la porte », d’ailleurs la décision de son départ aurait été prise depuis Novembre dernier.

Je vous épargne les grandes métaphores d’entrée en matière du discours de M. Belletante : Le monde de l’entreprise est un « combat permanent », il s’agit pour nous étudiants de « maîtriser son destin » et autres « orchestres » extraordinaires.

Concrètement, M. Belletante est à la tête de Euromed/Kedge depuis 12 ans et il parait qu’il ne fait pas bon maintenir un grisonnant trop longtemps à la tête d’une école. C’est « pour le bien de l’école », assène le directeur,  une entreprise ne devrait pas trop s’identifier à son dirigeant, selon lui.

A  60 ans, il souhaite « rebondir » sur d’autres projets innovants avant sa retraite qu’il situe dans 5 ou 10 ans. Il invoque des enjeux personnels et d’autres enjeux nouveaux. Parlerait-il d’une opportunité à la direction d’EM Lyon ? A cette question posée par un étudiant, il répond qu’il a un réseau dans cette école prestigieuse sans s’avancer sur la question. Il sous-entend néanmoins ensuite que les projets d’EM Lyon l’intéressent et que l’opportunité pourrait se présenter. (D’autres médias sur le web évoquent une annonce officielle de la nomination du DG d’EM Lyon dans les jours qui viennent)

B. Belletante conclut son discours sur l’assurance que « Kedge est solide » et n’est nullement menacée par sa démission.

Ce n’est pas fini ! La partie intéressante vient avec les questions des étudiants présents en amphi.

Avez-vous déjà désigné un successeur ? Y aura-t-il des changements dans la vie associative ?

Président du Conseil d’administration : A son départ le 31 Mars, il y aura une période de direction générale intérimaire, dirigée par le directeur général délégué Philip McLaughlin à Marseille. Aucun successeur n’a encore été recruté bien que la décision soit prise depuis novembre.  Nous avons chargé un cabinet de recrutement de nous aider à trouver un successeur.

Bernard Belletante : Vraisemblablement il va y avoir une continuité de la politique sur les associations puisque l’équipe qui s’en charge se maintient (concrètement, toujours pas de bière en vue pour le foyer).

Est-ce que cela va entrainer un changement de la politique générale de direction de l’école ?

Bernard Belletante : il existe un lien étroit entre le conseil d’administration et moi. La gouvernance de l’école est basée sur une proximité entre président exécutif et conseil.

Ce qui s’explique par le fait que le DG ne peut avoir une politique qui ne convienne pas au conseil d’administration. Les grands axes d’orientation sont portés par le conseil. Ils nous précisent tous deux plusieurs fois qu’il n’y a pas de désaccord entre  le conseil d’administration et B. Belletante. Il y aura donc une pérennité de la stratégie menée par le conseil, c’est-à-dire pas de changements de la politique générale de Kedge.

Vous ne pensez pas que cela pourrait être mal interprété par les médias et les personnes extérieures, que  le chef quitte le navire l’année de la fusion ?

Mouvement de foule, la question en fait rire certains ; c’est néanmoins habile, surtout avec l’usage  du style métaphorique emphatique qui colle à celui de M. Belletante.

Le Président du Conseil d’administration contourne un peu la question, « il ne faut pas s’arracher les cheveux »,  « il y a toujours de mauvaises interprétations »… Bref tout le reste de l’équipage reste, et il n’y a pas de raison que le bateau coule.

Bernard Belletante : La question n’est pas pourquoi je pars si tôt mais pourquoi je pars si tard ? (réplique exactement similaire à celle donnée en conférence de presse) C’était maintenant ou dans 5 ans.

Puis la formule « danger de la médiatisation » fuse, on ne sait pas bien pourquoi M. Belletante utilise ces mots-là  et les explications sont floues: il semble que le degré d’attachement d’une institution à son dirigeant représente une menace. Il est question de maitrise du renouvellement des dirigeants de Kedge. Au niveau des accréditations, il serait mal vu qu’un dirigeant d’école s’éternise à son poste. C’est surtout à l’étranger (monde anglo-saxon) que ce serait considéré comme un point faible pour une école à vocation internationale.

Après avoir lancé le développement du projet de fusion, vous partez et vous allez laisser l’équipe faire le reste derrière ?

Bernard Belletante : [courte envolée métaphorique sur le football à ce que j’ai compris]…. La gestion du développement d’une organisation n’est pas la même aux différents stades de sa mise en place.

Ce qui veut dire que sa présence était nécessaire pour lancer la fusion, mais que l’équipe peut amplement continuer dans cette voie sans lui.

Sur les associations : (ah ça devient intéressant !) le fait de déplacer les assos se justifie par une prise de risque et il n’y aurait pas de raison pour que cela touche à l’identité de kedge.  (Rassurez-vous amis unis-terriens, vous pourrez mettre sur votre CV que vous maîtrisez le savoir être « capacité à la prise de risque » )

(Ma question préférée) Pourquoi a-t-on appris la nouvelle par la presse ? Ça aurait été une belle preuve de confiance que de nous l’annoncer vous-même.

Bernard Belletante : Il va falloir que vous me fassiez confiance là-dessus : il était prévu que je vous annonce mon départ demain. (vendredi 31 Janvier). Il y a eu des « bavards » parmi les gens qui connaissaient l’info. Nous avions même travaillé un communiqué de presse, pour 48h après. Il y a eu une « fuite » sur ce fait qui avait été décidé depuis novembre.

Quels sont les projets de développement pour les projets nationaux ?

Bernard Belletante : La numérisation des processus d’apprentissage. La rénovation des salles de cours. La création d’un nouveau type de professeurs : des instructeurs, pour renforcer le lien avec l’université. C’est la principale différence avec Skema : nous ne faisons pas d’envoi massif d’étudiants à l’étranger, pour qu’ils se retrouvent à 200 étudiants français dans un campus en Chine. Je ne pense pas que ce soit judicieux. De nouveaux cours sont en train d’être créés, sur des thématiques à développer telles que : le vin et spiritueux, la logistique, le commerce maritime. Pour le campus parisien : il est ouvert aux étudiants internationaux mais pas fermé aux nationaux. Les programmes sont en réalité spécifiques, exécutifs pour des gens qui sont en activité professionnelle ou pour des étrangers.

Jade Heyman

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